Comment dépasser un traumatisme émotionnel ?

Dans mes accompagnements, je rencontre des personnes qui viennent pour des problématiques très différentes : stress, anxiété, parcours médicaux, perte de confiance, difficultés relationnelles, fatigue émotionnelle…

Mais très souvent, derrière ces difficultés visibles, il y a un vécu plus ancien. Un événement marquant. Une accumulation d’expériences. Une blessure qui n’a jamais vraiment été digérée.

Ces expériences ne disparaissent pas avec le temps. Elles peuvent rester actives en arrière-plan et influencer :

  • les réactions émotionnelles
  • la confiance en soi
  • l’image de soi
  • la manière de se protéger
  • les relations aux autres

C’est pour pouvoir accueillir ces dimensions en profondeur que je me suis formée au protocole RE.NA.I.TR.E (REtraitement NArratif et Intégratif du TRaumatisme Emotionnel), qui vient compléter mon travail en sophrologie.

 

 

Une approche issue des thérapies par mouvements oculaires

En 1987, la psychologue américaine Francine Shapiro met en évidence l’efficacité de la méthode EMDR dans le traitement des traumatismes.

Elle observe que les mouvements oculaires permettent au cerveau de retraiter des informations restées bloquées.

Cette découverte a ouvert la voie à plusieurs approches thérapeutiques utilisant la stimulation bilatérale.

Le protocole RE.NA.I.TR.E est né de la fusion de ces approches, enrichies par la pratique clinique de Laura Jauvert.

Cette méthode permet un retraitement narratif et intégratif du traumatisme émotionnel.
Elle aide la personne à revisiter un événement difficile, à lui redonner du sens et à l’intégrer de manière plus apaisée dans son histoire.

 

Table des matières

Comprendre le traumatisme simplement

Un traumatisme ne dépend pas uniquement de l’événement vécu, mais de la manière dont il a été enregistré par le cerveau.

Pour comprendre ce qu’est un traumatisme, j’aime utiliser une image très simple.

Vous marchez dans la nature et vous voyez au sol quelque chose qui ressemble à un serpent. Immédiatement, votre corps réagit. Le cœur s’accélère, les muscles se tendent, la respiration change. C’est une réaction automatique, instinctive. À ce moment-là, l’information est traitée par l’amygdale cérébrale. C’est elle qui gère les réactions de défense : fuir, attaquer ou se figer. C’est ce qu’on appelle les réponses de survie : fuite, attaque ou tétanie.

En parallèle, cette même information est aussi traitée par une autre zone du cerveau : l’hippocampe. Lui va analyser la situation en s’appuyant sur votre mémoire, vos expériences, vos connaissances, tout ce que vous êtes réellement. Il va alors relativiser : ce n’est pas un serpent, c’est simplement un morceau de bois. Il n’y a pas de danger. À ce moment-là, le corps peut relâcher la tension, la respiration se calme, et vous continuez votre chemin.

Dans une situation traumatique, ce mécanisme ne se fait pas correctement. L’information reste principalement traitée par l’amygdale. Le cerveau reste donc en mode alerte, comme si le danger était toujours présent.

Normalement, la nuit, lorsque nous dormons, nos yeux font naturellement des mouvements de gauche à droite. Ce sont les mouvements oculaires du sommeil paradoxal. Ils permettent au cerveau de retraiter les informations de la journée. Lorsque l’information a été traitée à la fois par l’amygdale et par l’hippocampe, elle peut être digérée, intégrée et rangée correctement dans la mémoire.

Mais dans le cas d’un traumatisme, l’information ne peut pas être digérée. Elle reste bloquée.

C’est comme si elle était mise de côté dans une petite boîte, non traitée. Et cette boîte se réouvre à chaque fois qu’un élément rappelle de près ou de loin l’événement : une odeur, une situation, une émotion, un lieu, une sensation corporelle.

Le cerveau réagit alors comme si le danger était à nouveau présent, même si la situation actuelle est différente. C’est ce qui explique certaines réactions émotionnelles intenses, parfois incompréhensibles, et le sentiment que l’événement continue d’agir encore aujourd’hui.

Le travail avec les stimulations bilatérales, comme dans le protocole RE.NA.I.TR.E., permet justement de relancer ce mécanisme naturel de retraitement. Le cerveau peut alors enfin digérer l’information, l’intégrer et refermer cette « boîte » de manière apaisée.

Traumatisme simple et traumatisme complexe

Le traumatisme simple est lié à un événement ponctuel : accident, annonce difficile, agression, perte.

Le traumatisme complexe est lié à des situations répétées ou prolongées dans le temps. Il s’inscrit souvent dans le cadre familial, relationnel ou professionnel (souvent lié à l’enfance).

Ces expériences peuvent influencer profondément :

  • la gestion des émotions
  • la confiance en soi
  • l’estime de soi
  • la capacité à créer du lien
  • le sentiment de sécurité intérieure

 

Il est courant qu’un traumatisme simple fasse écho à un vécu traumatisant ancien.

La première séance : une étape essentielle

La première séance est toujours consacrée à l’anamnèse, qui est votre histoire, ce que vous dites de vous et de votre vie.
Nous ne travaillons pas immédiatement sur un traumatisme.

Ce temps permet :

  • de comprendre votre histoire
  • d’identifier vos difficultés actuelles
  • de repérer vos ressources
  • de voir comment vous « gérez » vos émotions
  • de créer un climat de confiance

 

Je pose beaucoup de questions. Vous prenez le temps de me raconter ce qui est important pour vous.
Cette étape me permet d’adapter l’accompagnement à votre fonctionnement et à votre histoire.

Je répond aussi à toutes vos questions sur mon accompagnement et je vous explique la suite et le déroulement des prochaines séances.

Sécuriser avant d’aller dans le travail traumatique

Avant de commencer le retraitement, il est important d’installer des bases solides.
La sophrologie permet de créer ces repères sécurisants.

Selon les besoins, nous pouvons travailler :

  • la respiration
  • l’ancrage
  • le relâchement corporel
  • la visualisation d’un lieu sécurisant
  • la régulation émotionnelle

 

Certaines personnes auront besoin de plusieurs séances, d’autres seulement d’une.
L’objectif est de s’assurer que vous disposez d’outils pour revenir au calme si les émotions deviennent trop intenses.

Les croyances inconscientes issues du traumatisme

Lorsqu’un événement est vécu comme traumatique, il peut générer des croyances profondes.
Ces croyances deviennent des filtres à travers lesquels on interprète le monde.

Par exemple :

  • Je ne mérite pas l’amour
  • Je suis une mauvaise personne
  • Je ne peux pas me faire confiance
  • Je vais échouer
  • Je dois être parfait pour être aimé
  • Je n’ai pas le droit à l’erreur
  • Je suis incapable
  • C’est de ma faute

 

Ces pensées ne reflètent pas la réalité, mais la manière dont l’événement a été intégré.
Mon travail est de les identifier et de les retraiter.

Un travail approfondi sur les émotions

Les émotions occupent une place centrale dans ce travail.
Très souvent, face à un traumatisme, certaines émotions restent bloquées : peur, colère, tristesse, honte.

Certaines personnes ont appris à les éviter. D’autres les ressentent de manière envahissante.
L’objectif n’est pas de les supprimer, mais de les comprendre et de leur redonner une place ajustée.

Pendant les séances, nous allons :

  • identifier l’émotion principale
  • observer son intensité
  • la localiser dans le corps
  • comprendre ce qu’elle raconte
  • la laisser évoluer progressivement

Ce travail permet de ne plus subir ses émotions, mais de les traverser avec plus de sécurité intérieure.

Petit à petit, l’émotion se transforme.
La peur peut devenir prudence, la colère peut devenir affirmation de soi, la tristesse peut laisser place à l’apaisement.

Comment se déroule une séance ?

Vous commençez par vous connecter à l’événement ou à l’image la plus marquante.


Nous identifions :

  • l’image
  • l’émotion
  • la sensation corporelle
  • la cognition négative

Ensuite, je propose des séries de stimulations bilatérales.
Il s’agit généralement de mouvements oculaires guidés avec mes doigts, par séries de 15 à 20 mouvements.

Entre chaque série :

  • vous exprimez ce qui vient
  • je vous accompagne verbalement
  • j’adapte au fur et à mesure
  • nous suivons l’évolution du processus

 

Des souvenirs peuvent apparaître, des émotions évoluer, des prises de conscience émerger.

Petit à petit, une dissonance se crée entre la croyance négative et vos ressources réelles.
Le cerveau commence alors à retraiter l’information de manière plus adaptée.

Quand le corps parle pendant la séance

Le travail peut être intense.
Certaines sensations corporelles peuvent apparaître :

  • tensions
  • chaleur
  • fatigue
  • frissons
  • douleurs

C’est normal. Le corps participe au processus.
Je vous accompagne pour rester dans une zone de sécurité et pour vous réancrer si nécessaire.

Les différents types de stimulation

Les mouvements oculaires ne sont pas les seuls outils.
Je peux aussi utiliser le tapping : des tapotements alternés sur les mains, les genoux ou les épaules.

Cela permet une stimulation bilatérale par le canal sensoriel.

Le protocole prend en compte :

  • le visuel
  • l’auditif
  • le sensoriel (kinesthésique)

Ainsi, l’ensemble du vécu traumatique peut être retraité.

Une approche progressive et respectueuse

Chaque séance est différente.
Je m’adapte à votre rythme, à vos réactions, à vos besoins.

Je suis là pour accompagner, jamais pour forcer.
Vous restez acteur ou actrice de votre processus.

Une complémentarité avec la sophrologie

La sophrologie permet :

  • de réguler les émotions
  • de renforcer la sécurité intérieure
  • de travailler l’ancrage
  • de développer les ressources

 

Le protocole RE.NA.I.TR.E permet :

  • de retraiter les souvenirs traumatiques
  • de transformer les croyances négatives
  • d’intégrer les expériences passées

 

L’association des deux offre un accompagnement global.

Conclusion

Le protocole RE.NA.I.TR.E et la gestion des traumatisme avec les mouvements oculaires me permettent aujourd’hui d’aller plus loin dans l’accompagnement.


Il ne s’agit plus seulement d’apaiser les symptômes, mais de comprendre ce qui les a construits et de transformer ce qui reste bloqué.

C’est une approche profonde, respectueuse, qui permet d’avancer à son rythme et de retrouver une relation plus apaisée à soi-même, à son histoire et à ses émotions.

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